Univers Natendo

Dernier chapitre d’une trilogie initiée en 2010 avec Xenoblade Chronicles sur Wii, Xenoblade Chronicles 3 reprend nombre des codes de la saga. Se déroulant dans un monde nommé Aionios, présenté comme le futur commun des univers parallèles des deux premiers opus, ce troisième monde gigantesque comporte quelques éléments particuliers.

Vivre pour se battre et se battre pour vivre

Deux factions perpétuellement en guerre, Keves et Agnus, se battent, non pour un lopin de terre, mais pour la vie elle même. Car celle des habitants de chaque faction est régie par le cadran vital de la colonie à laquelle ils sont rattachés. Un cadran vital vide signifie la mort et pour le remplir il faut éliminer les ennemis… Un contexte oppressant, point de départ d’une aventure épique, qui pose le cadre de l’environnement hostile dans lequel les personnages ont évolué. Mais très rapidement, la situation va être chamboulée pour nos six protagonistes principaux. Ce groupe, qui va se former par une succession d’événements mystérieux, est composé de 3 soldats de chacune des factions. Noah, Lanz et Eunie pour Keves ; Mio, Sena et Taion pour Agnus. Deux groupes, ayant des rôles identiques au sein de leurs colonies respectives, qui devront d’abord se faire face avant d’allier leurs forces pour résister face aux véritables ennemis. Je ne révélerai rien de plus sur l’histoire pour vous laisser le plaisir de découvrir ses nombreuses intrigues.

Des environnements enivrants

Les paysages du jeu respectent le cahier des charges de la licence, en le sublimant. Toujours gigantesques, ils sont cette fois bien plus contrastés. Parfois très colorés, parfois très sombres, souvent parsemés des teintes atypiques propres à la science-fiction. Viennent se mêler à ces nouveaux environnements, des éléments des opus précédents, comme l’immense épée de Bionis (issue du premier jeu) ou le Titan d’Uraya (l’une des terres explorables du deuxième). Des décors qui viennent nimber l’exploration d’une touche de nostalgie mais aussi d’intrigue : comment ces deux univers parallèles se retrouvent fusionnés ici ? Ces décors somptueux et paysages surprenants sont accompagnés d’un bestiaire fourni. Cette multitude de créatures, souvent massives, donnent vie à d’immenses étendues et dictent aussi un certain rythme à l’aventure. Ainsi se créé une alternance réjouissante entre les combats, l’exploration et les cinématiques scénaristiques. Trois styles de jeu complètement différents qui agrémentent la renommée de la série.

Un système de combat abouti

Nos six protagonistes ont dès le départ une classe qui leur est spécifique. Ces classes définissent le rôle que chacun a lors d’un combat : Attaquant, Défenseur ou Soigneur.

Si celles de départ sont équitables (deux de chaque), il est très rapidement possible de changer ces dernières, et de faire prendre à l’un ou l’autre le rôle de défense ou de soin. Outre leurs catégories, les différentes classes modifient également les nombreuses attaques spéciales du personnage. Une fois en combat, nos personnages attaquent automatiquement l’ennemi ciblé, à une vitesse et une force définie par leur classe. En plus de ces dégâts de base, le joueur peut lancer différentes attaques spéciales, nommées Arts, permettant d’infliger des dégâts critiques, de soigner les personnages alliés, d’attirer l’attention des ennemis, de déséquilibrer les adversaires, et bien plus. Ce vaste panel de possibilités enrichit fortement les affrontements ; d’autant que ces Arts changent en fonction de la classe équipée, et que la quantité de classes différentes est assez conséquente. Mais ce n’est pas tout.

 

Si les Arts suffisent contre les monstres de petite taille ou de faible niveau, face à des adversaires plus redoutables il en requiert davantage. Il faut alors passer à la vitesse supérieure, avec au menu de la fusion d’Arts, des Arts spéciaux, des enchaînements et des transformations Ouroboros. Si les Arts normaux se rechargent avec le temps ou par les auto-attaques, les Arts spéciaux se rechargent lorsqu’un Art normal atteint sa cible, et la fusion d’art permet de lancer en même temps deux Arts différents pour amplifier leurs effets. Les enchaînements ne peuvent être lancés qu’après un certain nombre d’actions de groupe effectuées (soigner ou protéger un allié, lancer des arts spéciaux, etc.) et permettent de lancer une succession de tactiques redoutablement efficaces. Un système enrichi par rapport aux autres opus, bien mieux ficelé, plus clair et plus rapide à exécuter. Très satisfaisant à utiliser, il serait cependant un peu rébarbatif de vous en expliquer le fonctionnement détaillé ici…

Dernière possibilité, et non des moindres, nos personnages ont la particularité de pouvoir se transformer en Ouroboros. Ces transformations permettent de ne plus subir de dégâts, d’en infliger bien plus ou de réaliser des soins conséquents… une sorte de second souffle dans les combats les plus intenses et procurent un réel sentiment de satisfaction à utiliser. Voilà à quoi ressemblent les combats de Xenoblade Chronicles 3, du moins, sans révéler les autres mécaniques de jeux qui se débloquent plus tard dans l’aventure…

Des quêtes et missions nombreuses

Durant l’histoire principale, nos protagonistes traversent Aionios de bout en bout et font la rencontre de nombreuses Colonies, et donc de personnages. Certains ont besoin de nous pour les aider à faire quelque chose : récolter des matériaux, retrouver une personne disparue, terrasser des monstres… D’autres partagent des informations qui aboutiront à d’autres quêtes, à rencontrer d’autres personnages ou à obtenir de nouveaux équipements. Certaines missions, appelées missions de héros, permettent de rencontrer un personnage plus important et de débloquer une fois complétée une nouvelle classe pour nos six personnages, en plus de pouvoir intégrer au groupe l’un de ces héros comme septième personnage.

En plus d’apporter une aide souvent précieuse, ces héros sont des personnages secondaires plus travaillés que les autres, avec parfois de vrais impacts sur l’histoire ! Je vous conseille d’alterner entre les missions de l’histoire principale, les missions secondaires et les quêtes de héros pour ne pas vous lasser de ces différents éléments qui se retrouvent tout au long du jeu !

L’incontournable de l’année

Xenoblade Chronicles 3 sublime la série. Les graphismes mettent en valeur les décors variés et contrastés, les différentes créatures d’Aionios et les personnages présentés. L’exploration de ces terres avec notre groupe de six personnages au passé entaché par la guerre, autrefois ennemis et devenus alliés, puis amis par les circonstances du hasard, est parfaitement rythmée. La jouabilité est excellente, et les reproches que j’ai pu faire aux opus précédents (comme ne contrôler qu’un seul de tous les personnages dans Xenoblade Chronicles 2) sont tout bonnement supprimés : à tout moment dans l’aventure il est possible de changer le personnage contrôlé d’une simple pression de bouton, et ce même pendant les combats ! Il est même important de passer d’un personnage à l’autre pour lancer les Arts de combats et de protection dans des situations adéquates ! Et en plus de tout ça, les combats sont intuitifs, complets, et à la difficulté bien dosée. Plusieurs fois je me suis retrouvé à la limite de la défaite, mais j’ai réussi à me relever grâce à une bonne gestion du positionnement, des Arts de soins et des capacités Ouroboros. Enfin, je dois vous parler des musiques qui accompagnent cette aventure. Toujours en adéquation avec le ton de l’image, des paroles et des événements, les mélodies m’ont transporté dans cet univers en toute situation. Un mélange des genres : percussions, flûtes, chœurs, guitares, solos ou orchestrales, bref, irréprochable ! Ajoutez-y le fil conducteur prenant, ses personnages charismatiques et sa durée de vie à la hauteur de ses environnements, Xenoblade Chronicles 3 est mon jeu de l’année, et de loin !

Un avenir retrouvé est l’histoire additionnelle ajoutée par le DLC de Xenoblade Chronicles 3. C’est l’apport majeur de contenu scénaristique, bien que le DLC comprenne également 2 nouvelles héroïnes (et leurs quêtes liées) ainsi que des combats de boss supplémentaire. Mais concentrons nous sur Un avenir retrouvé.

Cette histoire supplémentaire nous plonge dans le monde d’Aionios quelques millénaires avant l’aventure du jeu de base. L’on y contrôle Matthew, qui se réveille dans un endroit étrangement familier, en compagnie de “A”, mystérieuse mais avec une sensation de déjà vu…

Cette histoire additionnelle est l’occasion rêvée pour les fan de la série dans sa globalité, de faire le lien entre tous les jeux de manière claire et évidente. Ainsi les révélations et implications scénaristiques de Xenoblade Chronicles et Xenoblade Chronicles 2 sont mises en pratique. Et ce DLC explique comment l’univers fusionné de Xenoblade Chronicles 3 se met en place, et comment l’Aionios que l’on a exploré dans Xenoblade Chronicles 3 a pu se former ainsi. De nombreux autres voiles d’ombre, posés par l’intrigue du jeu de base, sont levés au fil de notre progression dans Un avenir retrouvé. Scénaristiquement parlant, c’est donc le jackpot absolu !

Et il en va de même au niveau des environnements. Une zone entièrement nouvelle est explorable, et n’est pas sans rappeler des endroits mémorables des deux précédents jeux. Nostalgie et émotions fortes seront de la partie, tant dans les environnements que par certaines remarques des personnages, faisant souvent références à ce qu’il ont vécu par le passé… avec nous, finalement, dans les jeux précédents. Bref, un véritable régale pour les yeux et les sensations…

Le tout renforcé par une gameplay légèrement modifié par rapport au jeu de base. Modifications des caractéristiques des personnages et de leurs compétences (à défaut de changer leur classe), possibilités de personnaliser les “enchainements” et d’améliorer la cohésion de chacun en combat, ce sont des modifications intéressantes pour varier le gameplay entre les deux “jeux”.

En clair, Un avenir retrouvé est un must ! Avec des cinématiques inoubliables, ses personnages d’anthologiques, ses sublimes nouvelles compositions musicales, ce DLC réalise même l’exploit de rendre l’aventure additionnelle de la version Deluxe du premier jeu intéressante…

Vivement Xenoblade Chronicles 4 ! (qu’importe son nom)

20/20

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